samedi 24 août 2013

Clémentine Delait la femme à barbe

Elle s'appelait Clémentine Delait. Signe particulier inscrit sur son passeport: "porte la barbe". Son système pileux fit de la douce Clémentine née Clatteaux en 1865 un figure célèbre de la Belle Epoque. C'est au travers de la carte postale que sa célébrité fut mondiale.

 

Née en 1865, Clémentine refusa toujours de donner son âge et précisait dans ses mémoires: "Je suis femme et ne dirai pas non plus comment la barbe m'a poussé. Mais je peux vous assurer qu'à dix-huit ans, ma lèvre supérieure s'agrémentait d'un duvet prometteur qui soulignait agréablement mon teint de brune". A vingt ans, elle ouvre un café de la femme à barbe à Thaon-les-Vosges.

Clémentine derrière son comptoir

  Après avoir vu une femme à barbe à la Foire de Nancy, Clémentine relève un pari que lui lance l'Oscar au café. Il lui promet 500 francs si elle ose se laisser pousser la barbe. Elle accepte le pari. Mais sa renommée se propagea au travers des cartes postales qu'elle dédicaçait et vendait au café. Ayant naturellement le don de la mise en scène, Clémentine se fit photographier dans des lieux et attitudes spectaculaires. En gentleman cycliste (elle fut membre du club du cycle de Thaon), en aéroplane à Vittel, devant son magasin de lingerie à Plombières les bains. Mais c'est à Epinal en 1903, que madame Delait organisa une séance de dédicaces qui fit sensation: dans la cage aux fauve du dompteur Camilius.


Clémentine dans la cage aux fauves


 

En aôut 2013, parution de "Clémentine, le roman de la femme à barbe" par PASKY

136 Pages, 15.95EUROS en vente chez PUBLIBOOK

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"Méfiez-vous! J'ai l'oeil en coin et je vois vos yeux qui me dévisagent. Ai-je une coquetterie dans l'oeil, une tache de vin, un bec-de-lièvre? Ma robe en dentelle et mon bibi à voilette vous défrisent? Oh ça va! Ne faites pas cette tête-là, ça vous donne un air louche. Je sais bien pourquoi vous êtes tous venus. On va s'en payer une tranche: la femme tronc, le géant du Caucase, les jumeaux tatoués, les nains et la femme à barbe de Thaon-les-Vosges. On va se poiler, vingt rats! Vous en voulez plein les mirettes, ne vous gênez pas, regardez-moi bien dans les poils!"

Ainsi Clémentine Delait, la plus célèbre femme à barbe de la Belle Époque, attirait-elle la foule de curieux...
S'inspirant de son journal intime retrouvé en 2008, Patrick Pasky nous raconte au fil d'une plume habile ranimant la verve d'alors la vie extraordinaire d'une femme fière de sa différence, tenancière de café dans les Vosges, et qui s'exhiba en tant que phénomène dans les foires de France et à l'étranger. Jouant de légèreté pour compenser le sordide de l'époque, l'auteur pose un regard plein de tendresse sur cette figure courageuse et au-delà, embrassant tout entier ce fascinant univers de freaks. Un bel hommage.